Énergie et Internet – Combien d’énergie le Web consomme-t-il ?

Internet est le roi du monde actuel, mais savons-nous quel est son coût énergétique et comment il affectera la consommation d’énergie future ? Patrick Foster, expert en commerce électronique nous en dit plus dans son dernier article.

Il faut une bonne quantité d’énergie pour faire fonctionner un ordinateur de bureau classique.  Supposons qu’il fonctionne 12 heures par jour et qu’il reste en hibernation le reste du temps (pendant lequel il ne consomme qu’une infime quantité d’énergie pour garder tout ce qui est stocké en mémoire vive) – cela suffit pour sensiblement changer le montant de votre facture mensuelle d’électricité.

Pensez maintenant à l’impact cumulatif des milliards de matériels informatiques qui existent aujourd’hui : moins d’ordinateurs personnels que les années précédentes, mais beaucoup plus de smartphones, de tablettes et de serveurs. Et puis il y a la myriade d’autres dispositifs connectés à Internet qui s’intègrent dans l’écosystème grandissant des objets connectés (IoT) – dans leur ensemble, ils ne font que compliquer les choses.

Le but de ce préambule est de parvenir à deux choses : premièrement, faire comprendre à quel point les exigences du monde numérique en matière de calcul sont énormes et, deuxièmement, contrebalancer en démontrant que mesurer la consommation énergétique des seules activités Internet est une tâche très complexe. Complexe à quel point ? Faisons un effort pour tout décortiquer :

Tenir compte de toute l’énergie

Internet n’est pas une entité physique clairement définie, donc nous ne pouvons pas simplement prendre un wattmètre et voir ce qu’il indique. En outre, nous devons réfléchir non seulement à ce qu’il faut pour maintenir les appareils Internet sous tension, mais aussi à ce qu’il faut pour les maintenir en état de marche. Le matériel doit être entretenu et réparé ou remplacé en cas de panne. Tout cela demande de l’énergie.

Je suis en train de taper ceci sur un ordinateur de bureau, qui utilise une alimentation de 1000W pour alimenter la connexion ethernet (et tout le reste, bien sûr). Cette connexion passe par un point d’accès, qui est alimenté par un commutateur relié au câble de fibre optique utilisé par le fournisseur d’accès à Internet (FAI). Ensuite, on s’aventure dans un monde complexe de routeurs et de serveurs (plus les connexions de données mobiles).

Toutes les étapes de ce processus puise de l’énergie, et même la puissance de l’ordinateur est principalement consacrée à l’utilisation du Web – surtout en ce moment, puisque j’utilise Google Docs. Faut-il considérer tout cela comme de l’énergie que le web consomme ? Sans cela, je n’utiliserais pas Internet, donc je ne pense pas que nous puissions l’ignorer.

Études existantes

Vous n’avez pas besoin de faire preuve d’originalité, au moment de répondre à la question “Combien d’énergie le Web consomme-t-il ?” ll est en réalité plus logique de se pencher sur les études existantes. Voyons donc ce qui existe.

Que pensez-vous de cette étude du KTH Royal Institute of Technology en Suède ? Elle en déduit qu’Internet représente environ 10 % de la consommation mondiale d’énergie, contre 8 % il y a deux ans. Cependant, cette étude a été publiée en 2014 – et étant donné le rythme du développement technologique, il est extrêmement difficile d’évaluer comment les choses ont évolué en cinq ans.

Nous pouvons nous pencher sur une étude de 2016 qui a été actualisée entre temps, réalisée par Anders Andrae, chercheur à Huawei, dans laquelle il a déterminé que l’industrie des TIC représentait 3 à 5% des dépenses mondiales en énergie en 2015, mais pourrait atteindre 20% d’ici 2025. Ce dernier chiffre est certainement alarmant et ne semble pas impossible.

Mais qu’en est-il de la disparité entre ces études ? 8% en 2012, 10% en 2014, 3-5% en 2015 ? Ce que cela montre clairement, c’est qu’il n’y a pas de méthodologie claire pour répondre à la question titulaire. Pour y répondre définitivement, il nous faudrait nous mettre d’accord sur ce qui compte, ce qui ne compte pas et de quelle manière les mesures doivent être effectuées – cependant, l’infrastructure se renouvelle tellement rapidement, que tout ce que vous mesurerez changerait avant même d’avoir terminé de le mesurer!

Vers l’Internet de l’Énergie (IoE)

En raison de tout ce que nous avons vu jusqu’à présent, essayer de rentrer dans les détails avec la question principale est une mission perdue d’avance. Autant essayer de dire combien il existe de grains de sable dans le monde. Quoi qu’il en soit, il est possible de déterminer une chose : Internet consomme beaucoup d’énergie, et la situation ne va faire qu’empirer. Estimée aujourd’hui à 3,2T€, l’industrie du commerce électronique devrait atteindre 4,4T€ d’ici 2021, et cette activité en ligne ne sera certainement pas gratuite.

Par conséquent, trouver des moyens de le faire fonctionner plus économiquement est important pour diverses raisons, et c’est à ce moment-là que nous devons nous intéresser à l’Internet des objets (IoT). Il contribue peut-être à la hausse de la consommation énergétique, mais ce n’est pas tout : appliqué aux infrastructures de production d’énergie, il donne naissance à l’Internet de l’énergie (IoE), un système qui optimise la production, le stockage et la distribution de l’énergie. Grâce à l’utilisation massive de capteurs et au Machine Learning, nous pouvons réduire massivement le gaspillage d’énergie et faire en sorte que la demande d’énergie sans cesse croissante d’Internet soit utilisée de la manière la plus efficace possible.

Pensez simplement à la quantité d’énergie gaspillée par les systèmes qui restent en veille alors que ce n’est pas nécessaire. Des systèmes d’arrière-plan intelligents à faible consommation d’énergie pourraient activer et désactiver l’alimentation électrique au besoin, ce qui réduirait considérablement la demande. La simple installation de DEXCell Energy Manager peut permettre à une entreprise de réduire considérablement sa consommation d’énergie, alors imaginez l’impact que peut avoir de tels résultats dans le monde industriel.

Et puis il y a la question du flux d’énergie : lorsque l’électricité est distribuée dans un réseau, les problèmes de conductivité en cours de route entraînent souvent des pertes d’énergie, il y a donc beaucoup de marge pour innover. Il existe de nombreux systèmes en cours d’essai et en développement, comme le transport à ultra-haute tension (UHV) : il peut transporter l’électricité beaucoup plus rapidement et efficacement que des systèmes comparables, et il est en cours de déploiement en Chine pour alimenter les régions isolées en électricité. Ajoutez à cela des innovations similaires apportées aux infrastructures physiques et des améliorations de l’efficacité dues à l’IA, et nous pourrions voir des progrès importants.

Pour conclure, il est clair depuis longtemps que l’ampleur même d’Internet pose des problèmes majeurs en matière de consommation d’énergie – et bien que nous ne puissions pas dire exactement combien il consomme, nous aurons quelques indices quant à l’ampleur que prendra ce problème si nous ne prenons aucune mesure pour y remédier.

 


Note de la rédaction : cet article original a été publié ici avec l’aimable autorisation de l’auteur, Patrick Foster.

Patrick Foster est un entrepreneur, coach et écrivain spécialisé en E-commerce. Après plusieurs années en tant qu’autoentrepreneur et consultant, Patrick se concentre maintenant sur sa plateforme web où il est possible d’accéder à ses ressources et partager de l’information avec la communauté Ecommerce Tips

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